Vous aurez sans doute compris au fil des pages de ce site que l'écriture est à mon sens un merveilleux outil d'expression,d'émotions,de "déposition".

Mettre des mots sur nos maux mais aussi sur nos joies, nos moments de partage, tout ce qui fait de nous des "Hommes". Et voilà qui, à mes yeux, est vraiment précieux!

En art-thérapie l'écriture est un médiateur qui se situe à la lisière des médiateurs plastiques (peinture, argile,collage) et corporels (danse, théâtre, clown, voix...)car il est à la fois  et "visible et invisible" au regard (il laisse une trace concrète sur le papier comme les médiateurs plastiques) mais si quelqu'un entre dans la pièce l'écrivant s'arrête (tout comme dans les médiateurs corporels) et l'écrit peut "disparaitre" dans une poche, un sac...en laissant alors une trace "interne" de ce qui vient de se vivre.

Je dédie cette page à vos traces, à vos mots.


 

  Vibrances de Karin Meilhan

 

Un magnifique texte /témoignage très poétique de mon amie et co-animatrice art-thérapeute Karin Meilhan.Cet écrit qu'elle m'a généreusement "offert" lui a été inspiré après notre co-animation d'un mini atelier clown (1h45) dans le cadre du séminaire d'Asphodèle (formation d'art-thérapeutes) de novembre dernier. Nos participants étaient des psychologues/art-thérapeutes/ professionnels du soin qui pour la plupart d'entre eux n'avaient jamais expérimenté ce médiateur (objectif premier de ces minis-ateliers: la découverte d'un médiateur utilisé en art-thérapie).

Merci Karin pour notre belle co-animation et pour le cadeau de tes mots!

 

                               Vibrances                                                                            

                                                 Diversité   …. des paysages

                                                                                   et rivages…

                           Des météo , des visages…

                                                                                                                  Des minutes offertes

                                                                                                        à soi et à l’Autre

                                                                                                                    A l’intime ,

                                                                                    à l’authentique  regard

                                                             A l’ émoi du corps

                                                                                                                         Au mouvement de l’âme

                                                                                A l’Imaginaire

                                                                                                                                               fluctuances

 Déambule , dans ta sphère , dans ta bulle

Sur le damier de carreaux noirs et blancs

préambule :

au sol dessine , démêle  tes pas,

Enroule , déroule, croise,

 entrecroise, décroise les yeux, les bras …

 Du regard seulement l’autre  on  touche :

Prends part  à l’émoi

autour de toi : sonate   d’astres  dans l’univers…

Clame ton nom à leur approche …

Donne-leur en   écho ….

Infinies   remuances

 Au milieu de tous ,seul ,  comme filante

                                                                                            Etoile ou  comète dans la voie lactée

                                                                                        te voilà en danse à l’envi

âme libre , déliée , sauvage

tu as chaussé le nez  et  façon nouvelle de respirer

tu détales , t’envoles  guilleret

sans plus   froncer ,  regards tolérés ,

les sourcis de la crainte :  peurs évaporées  

 envies d’enfant retrouvées

 délicates éclosiances  

 

Comme évanouis ?

  seulement allongés de tout le corps au sol :

prends appui sur l’imaginaire :

tirer des fils dans l’espace et dans le temps

 suivre ce qu’il est a déjà rêvé ,

un geste par ici, sursaut  par là ,

gouttes  de pluie sur  étang  parsemées , rebondissent :

leur  nombre s’accroît   ainsi que le silence du bruit ;

relève ce défi : te laisser lâcher , tes os craquer ,

 tes membres se désengourdir

surgissances    jamais ouïes

 

Paysages d’ombres , paysages de chair

rive paisible d’âmes tranquilles qui errent

Sans te choquer , sans heurts, sors de ta bogue

Germe sans plus attendre ,  sans à-coups  ,  respire , déploie : une minute 

longue comme une heure …

Penchent les têtes , tournent les cous ,

S’arrondissent  les dos , glissent les genoux

Esquisses de grâce  , et pétales de  poème.

S’enroulent les volutes d’air,

Se déroulent  les âmes,

Se croisent , s’entrecroisent , se rencontrent

Corps et visages,

Vagabondages …

  Arrêt sur image :

De la ligne d’un cercle imposé

Surgissent   gestes et  cris :

Jaillissement   du sauvage

acté , transformé , transmis :

Transe du non-appris :

Plonge  dans  l’inconnu ,

Dans l’insoumis , dans l’ incongru

Joue  du fort , du faible

De la menace ,  de la légère :

Du cri strident de la jungle

au chant envolé

criances et tremblements

 Etonné , surpris ,primesautier , son regard

Du coin de l’œil ,  appelle le public , le monde ,

Cherche la reconnaissance , l’assentiment

La concordance , l’assurance ….

De son intime personnalité ,

  De gestes à peine initiés  , de sons à peine nés

tout en émotions  projetées  ,

                                           clown à l’autre se dit :

se cache , se renfrogne, revient , éblouit ,  

 repart , s’esquive , revient ,  vit  

 rencontre, repart,  pleure , effrayé , fuit,

revient , recommence , rit ..

un dernier clin d’œil et  regard : «  c’est fini »

charme pfffouit :

 clownance, connivence :

                                                  jeu du petit

jet d’enfance,

                                                                                    impulsif de l’esprit,

                                      joue   les perdus, les oublis.

                                                      « les immémoriaux,

                                                                  les immémorables » enfouis .

De toi,  jaillis

 En scène, 6 clowns : un  chef encadre

 un  chœur de choristes pour une audition :

Il  tente, commente , se goure , se trompe ,

Initie , entraîne , innove ,  disjoncte ;  

Le chœur ,  aveugle,  le suit , le reprend , le copie,

le charme , le transforme , le caricature, l’enjolive ,

Enchantement ,  , déjantement  …

Ils éblouissent , réjouissent , ébahissent

Lui,  regarde, chaparde, échappe, nourrit ,

sourit ,d’ erreur  recommence ,

Que démuni , que ragaillardi, il ironise l’inédit ;   

Le chœur – tout confettis , tout cliquetis , embrouillamini-

  s’interdit ?

jamais !

Décrocheur , esbrouffeur , essaimeur , dérailleur ,

 railleur , brailleur , crâneur , rieur , glaneur…

 Revis  la genèse de tes cris , de tes couleurs ,

de tes maladresses , de tes candeurs, de tes sueurs,

de tes peurs , de tes jeunes heures  et souffles spontanés

des  premières années au monde

Re-naissance

 

          12 clowns et 12 objets :

Bouquets et délicatesses des sens , des sons , des corps

autour d’objets choisis :  

émotions ,  sans voix , sans bruits ,  

 plongent , s’élèvent ,   flottent , se courbent ,

 s’agenouillent, s’élancent,  s’attendrissent ;

Echangent ,    partagent , s’exclament,

s’étourdissent, se pâment ,

s’esclaffent , s’attristent … harmonie  

Sur elles-mêmes tournoient , se cachent , s’absentent ,  

fondent en rire , en larmes , en couleurs :   

 mouvances , vibrations ,  fébrilités,  incantations

à la vie , à la mort

envie , espoir,  effort

fort de rien , ému de peu

à peine éclos ?

ouvert à tous les possibles ,

                                                  aux possibles  de  tout     

 

                                         goûtance au nez…

                                                  clownance  ,

                               l’ intime  étincelle  éphémère  d’un   clown …

 

 « un espace pour goûter au nez et laisser émerger le clown »

Mini  atelier clown en  co-animation avec Marie Wermuth

Séminaire Asphodèle , 24 novembre 2016